7
août

Le Combat d’hiver – Jean-Claude Mourlevat

   Posté par: Orphenia   dans Coups de coeur, Jeunesse, Roman

(Éditions Gallimard Jeunesse, 2006, 336 pages)

combat

Quatrième de couverture : Le combat d’hiver est celui de quatre adolescents, évadés de leur orphelinat-prison, pour reprendre la lutte perdue par leurs parents, quinze ans plus tôt. Ont-ils la moindre chance d’échapper aux terribles “hommes-chiens” lancés à leur poursuite dans les montagnes glacées ? Pourront-ils compter sur l’aide généreuse du “peuple-cheval” ? Survivront-ils à la barbarie des jeux du cirque réinventés par la Phalange ? Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, est de ceux qu’on dit perdus d’avance. Et pourtant.

Cette histoire se déroule dans un pays sans nom, dans une époque indéterminée… car peu importe le nom des lieux, peu importe leur temporalité, ce récit est universel. La violence qu’il dénonce a déjà existé dans de nombreux pays, existe aujourd’hui et, hélas, existera sans doute demain.

La force de ce roman est de permettre à ses jeunes lecteurs de prendre conscience des égarements et de la barbarie des hommes.

Dans un orphelinat sordide aux règles strictes et injustes, des adolescents se débattent avec leurs peurs, leurs idéaux, leurs sentiments. Leur seul havre de paix et d’amour est leur consoleuse dans les bras de laquelle ils peuvent (à raison de seulement quatre fois l’an) se lover et oublier pour quelques heures leurs chagrins et la cruauté de leur état.

Les jeunes filles dans un bâtiment, les jeunes garçons dans un autre… Personne n’aurait pu prévoir la rencontre de Miléna et Bartolomeo, d’Helen et de Milos, enfants de résistants à la Phalange. Pourtant leurs destinées sont liées, car c’est de l’amour que le pire est né, c’est de l’amour que le salut viendra.

Dans cet état totalitaire soumis aux lois autoritaires de la Phalange, quatre adolescents vont bouleverser le cours des choses. Chacun épousera sa voie et aucun n’en sortira indemne.

Ce récit m’a profondément touchée, il est agréable à lire et son écriture descriptive et dynamique vous plonge avec délice dans les turpitudes de chacun des protagonistes, dans un monde où se mêlent Histoire et fantastique.

A lire, absolument…

2
juil

Pause Vacances

   Posté par: Orphenia   dans Rien à voir

De nouveaux mots, de nouveaux textes à découvrir ou redécouvrir fin juillet…

Bonnes vacances !

1
juil

Choix de poèmes – Paul Celan

   Posté par: Orphenia   dans Coups de coeur, poésie

(Editions Gallimard NRF, 1998, édition bilingue, 376 pages)

celan

Tu es là

où est ton œil, tu es

là-haut, tu es

en bas, je trouve

la sortie.

Du bist

wo dein Aug ist, du bist

oben, bist

unten, ich

finde hinaus.

Juste envie de partager ces mots du poète…

Cristal

Ne cherche pas mes lèvres sur ta bouche,

ni devant le portail l’étranger,

ni dans l’œil la larme


Sept nuits plus haut rouge s’en va vers rouge,

sept coeurs plus bas la main cogne au portail,

sept roses plus tard la fontaine bruit


Kristall

Nicht an meinen Lippen suche deinen Mund,

nicht vorm Tor den Fremdling,

nicht im aug die Träne.


Sieben Nächte höher wandert Rot zu Rot,

sieben Herzen tiefer pocht die Hand ans Tor,

sieben Rosen später rauscht der Brunnen.

3
juin

Howard Phillips Lovecraft

   Posté par: Orphenia   dans Fantastique, Épouvante

(Edition Robert Laffont, Collection Bouquins, tome I et II)

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“La chose la plus miséricordieuse en ce bas monde est l’incapacité de l’esprit humain à mettre en corrélation toutes les informations qu’il contient.” H.P Lovecraft

“Il est remonté trop loin dans le passé, et le passé a fini par l’engloutir.” Extrait de l’Affaire Charles Dexter Ward


Hier soir je faisais une partie de Time’s up avec mes beaux-parents et Ô enfer et damnation, à l’apparition de la carte Cthulhu… un grand moment de solitude se fit !! Qui est Cthulhu, ou plutôt qu’est-ce que Cthulhu ? C’est une créature de fiction imaginée par H.P Lovecraft dans la nouvelle l’Appel de Cthulhu paru en 1926, monstre humanoïde gigantesque, il possède une tête de pieuvre et des ailes. Il rend fou quiconque le voit. Dans la nouvelle il est décrit ainsi : « Johansen estime que deux des six hommes qui ne regagnèrent pas le bateau moururent de peur à cet instant maudit. Nul ne saurait décrire le monstre ; aucun langage ne saurait peindre cette vision de folie, ce chaos de cris inarticulés, cette hideuse contradiction de toutes les lois de la matière et de l’ordre cosmique. »

Pourquoi lire Lovecraft ? Tout d’abord parce qu’il est un des auteurs emblématiques de la littérature fantastique et d’épouvante du XXème siècle ! Ensuite car la lecture de ses ouvrages  nous plongent dans les interrogations éternelles liées au Temps, à l’infini et aux limites de notre imagination. Les créatures effrayantes et anciennes qui jalonnent ses textes hantent notre monde et attendent leur retour parmi nous. Les personnages sont confrontés à des forces effroyables qui finiront par les broyer, les plongeant dans la folie ou dans la mort. Le rêve est un ressort particulièrement utilisé par Lovecraft tant dans la rédaction de ses textes, puisqu’il retravaille ses propres rêves pour écrire, que dans le déroulement de ses histoires.

Cet univers onirique et effrayant qu’il a développé dans de nombreuses nouvelles et romans est connu aujourd’hui sous l’expression Mythe de Cthulhu, un terme inventé par l’écrivain August Derleth après sa mort.

Mon coup de cœur : L’affaire Charles Dexter Ward (1927)

Le premier roman que j’ai lu de Lovecraft et qui m’a marqué tant par l’histoire fantastique que par le style incisif et efficace. Un classique à garder dans sa bibliothèque !

Quatrième de couverture :

Échappé de Salem lors de la grande chasse aux sorciers du XVllle siècle, Joseph Curwen vint s’établir à Providence où il mourut en 1771.

La découverte de sa tombe par son descendant, Charles Dexter Ward, va être le début d’un drame au cours duquel le jeune homme perdra l’esprit.

Un vieil ami de sa famille, le Dr Willett, enquête sur cette affaire diabolique où chaque pas en avant dans la découverte de la vérité révèle des horreurs innommables.

Pourquoi, par exemple, l’écriture du jeune Ward devient-elle peu à peu semblable à celle de Joseph Curwen, le sorcier?

20
mai

L’Ignorance – Milan Kundera

   Posté par: Orphenia   dans Roman

(Edition Gallimard, 2003, 192 pages)

ignorance1“On n’en finira jamais de critiquer ceux qui déforment le passé, le réécrivent, le falsifient, qui amplifient l’importance d’un événement, en taisent un autre ; ces critiques sont justes (elles ne peuvent pas ne pas l’être) mais elles n’ont pas grande importance si une critique plus élémentaire ne les précède : la critique de la mémoire humaine en tant que telle. Car que peut-elle vraiment, la pauvre ? Elle n’est capable de retenir du passé qu’une misérable petite parcellette sans que personne ne sache pourquoi justement celle-ci et non pas une autre, ce choix, chez chacun de nous, se faisant mystérieusement, hors de notre volonté et de nos intérêts. On ne comprendra rien à la vie humaine si on persiste à escamoter la première de toutes les évidences : une réalité telle qu’elle était quand elle était n’est plus ; sa restitution est impossible.”

Le plus français des écrivains tchèque, Milan Kundera nous livre L’Ignorance encore un de ces romans dont il a le secret. Un mélange subtil de réflexions philosophiques et d’intrigue romanesque…

L’ignorance retrace le parcours de deux tchèques, Irina et Josef, qui retournent au pays après la chute du mur de Berlin. Ils se retrouvent une vingtaine d’années après avoir fui le communisme l’un au Danemark et l’autre en France. Le roman explore les difficultés rencontrées par les exilés qui ne se sentent chez eux nulle part, thème cher à l’auteur. Il compare leur quête d’identité à celle d’Ulysse dans l’Odyssée, la rendant universelle. Ils ne sont plus perçus plus à travers le prisme romantique du résistant qui doit fuir une répression politique féroce et c’est comme si l’Histoire leur ôtait une seconde fois leur identité. La première fois en les forçant à l’exil et la seconde en détruisant leur image sociale. La souffrance personnelle de Kundera qui a du s’exiler de Tchécoslovaquie en 1968 transpire à travers chaque page de ce livre.

On retrouve ainsi disséminé dans le roman des thèmes fétiches de l’auteur.

« l’amour … c’est l’exaltation du temps présent », p 75

« la passion, par définition, est outrance », p 101

« qui a raté ses adieux ne peut attendre grand-chose de ses retrouvailles.», p 127

Il est vraiment admirable qu’un ouvrage aussi bref arrive à éclairer tant de problèmes et de situations liés à l’Exil, au Grand Retour, à la Nostalgie. Et surtout l’attitude de ceux qui ne veulent pas savoir. L’ignorance est leur choix … implacable

Si la lecture de l’Ignorance est un vrai plaisir… on reste pourtant sur sa faim ! Ce récit polyphonique est admirablement bien travaillé, mais il ne m’a pas transporté comme on su le faire L’Immortalité ou La Valse aux adieux. Le style n’est pas aussi fluide et porteur de sens que ces précédentes oeuvres. Si vous ne devez en lire qu’un (roman de Kundera), ce n’est pas celui-ci que vous conseille !

4
mai

Le Corps Exquis – Poppy Z.Brite

   Posté par: Orphenia   dans Roman, Terreur, Underground

(Edition J’ai lu, 1999, 280 pages)

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“Il arrive parfois qu’un homme se lasse du fardeau que lui impose le monde. Ses épaules se voûtent, son échine se plie, ses muscles tremblent de fatigue. Il commence à perdre tout espoir de délivrance. Et l’homme doit alors se décider, choisir entre jeter son fardeau ou le supporter jusqu’à ce que sa nuque se brise ainsi qu’une fragile brindille automnale. [...] Je m’appelle Andrew Compton. Entre 1977 et 1988, j’ai tué à Londres vingt-trois jeunes hommes et adolescents. J’avais dix-sept ans lorsque j’ai commencé, vingt-huit lorsque l’on m’a capturé.” (extrait de l’incipit)

J’ai des périodes monomaniaco-littéraire, en effet, à certain moment je ne vais lire que des romans policiers, que des romans fantastiques, etc. A une époque j’ai eu ma période “livre noir”. Après avoir lu et relu le Dalhia Noir de James Ellroy (un vrai chef-d’œuvre), j’ai eu envie de continuer dans ce monde noir des tueurs en série. Au hasard des rayonnages, je suis tombé sur ce petit roman de Poppy Z.Brite. Un texte extrêmement violent mais qui m’a véritablement fasciné. Comme souvent pour ce type de roman, le héros-narrateur débute par la fin (du moins c’est ce que l’on croit!), il comptabilise ceux qu’il a tués, torturés, violés. De cette fin va surgir le renouveau et pour nous c’est le commencement, nous entrons peu à peu dans son monde, un monde terrifiant, tant il est éloigné de notre quotidien. Ce qui ajoute encore à l’horreur de l’histoire, des descriptions macabres, du cannibalisme, c’est la rencontre entre notre héros anglais, Andrew Compton et son alter égo américain de l’atroce, Jay Byrne. De cette rencontre va naître un monde d’atrocités plus effroyable encore… Mais il est aussi question d’amour(s), celui de deux hommes seuls, de ceux qui rejetés pour leur homosexualité ne savent plus où aller pour être aimé. Et puis il y a le Sida, et la solitude extrême qu’il fait naître autour de lui. Ce roman propose plusieurs niveau de lecture et ne laisse donc pas indifférent.

Il est difficile de s’identifier, difficile de tout rejeter, de tout accepter, en bref, une lecture ardue, répulsive, mais ô combien captivante…

A découvrir… à condition d’avoir le cœur bien accroché…

29
avr

Derniers poèmes d’amour – Paul Eluard

   Posté par: Orphenia   dans Coups de coeur, poésie

(Editions Seghers, Paris, 1963, 1989, 210 pages)

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«La terre est bleue comme une orange

Jamais une erreur les mots ne mentent pas»

Extrait du recueil L’amour – la poésie

« J’étais si près de toi que j’ai froid près des autres »

Extrait de Ma morte vivante in Derniers Poèmes d’amour

Quatrième de couverture : Dédiés à l’amour, voici réunis les derniers poèmes de Paul Eluard, qui composent : Une longue réflexion amoureuse, Le Dur désir de durer, Le temps déborde, Corps mémorable et Le Phénix. Au-delà de la solitude vaincue, de la détresse dépassée, ces admirables poèmes font des « derniers poèmes d’amour » l’une des plus poignantes œuvres poétique de tous les temps.

Paul Eluard par la justesse de ces mots m’a touchée à la première lecture. Je suis depuis conquise par la plupart des auteurs surréalistes. Eluard se différencie pourtant des préceptes de ses amis (comme André Breton) étant moins violent dans sa vision du langage qui, pour lui,  doit rester un « but » et non un « moyen de détruire ».

Ces pièces où il est question d’amour, de désir et de mort nous emportent et nous font (re)traverser les bouleversements de nos propres vies. Eluard parvient à toucher nos esprits et nos cœurs par ce langage poétique. La règle surréaliste fut résumée par cette phrase de Lautréamont « La poésie doit être faite par tous, non par un. ». Lire un poème c’est en effet faire à nouveau le poème… chaque lecture est unique.

Je vous laisse avec cette pièce extraite de la partie Le temps déborde. Je ne peux lire ces mots sans ressentir la douleur qu’ils évoquent, insoutenable mort de l’être aimé…

Vingt-huit novembre mil neuf cent quarante-six


Nous ne vieillirons pas ensemble.


Voici le jour


En trop : le temps déborde.


Mon amour si léger prend le poids d’un supplice.

25
avr

Le Parfum – Patrick Süskind

   Posté par: Orphenia   dans Coups de coeur, Roman

(Édition Le Livre de Poche, 1986, 279 pages)

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” Mais ils ne pouvaient se soustraire à l’odeur. Car l’odeur était sœur de respiration. Elle pénétrait dans les hommes en même temps que celle-ci ; ils ne pouvaient se défendre d’elle, s’ils voulaient vivre. Et l’odeur pénétrait directement en eux jusqu’à leur cœur, et elle y décidait catégoriquement de l’inclination et du mépris, du dégoût et du désir, de l’amour et de la haine.

Qui maîtrisait les odeurs maîtrisait le cœur des hommes. “


Il est de ces livres qui vous marquent à jamais… Le Parfum en fait partie. Il est rare de se délecter d’un ouvrage par d’autres sens que ceux de la vue et du toucher. Or Süskind parvient à vous ouvrir un autre monde de correspondances. Tel un poème de Baudelaire, ce roman vous entraîne dans un tourbillon de sensations nouvelles… qui met tous vos sens en émoi et en particulier l’odorat. A lire… absolument.

Quatrième de couverture :

Au XVIIIème siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s’appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance, furent épouvantables et tout autre que lui n’aurait pas survécu. Mais Grenouille n’avait besoin que d’un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n’avait besoin de rien.

Or ce monstre de Grenouille, car il s’agissait bel et bien d’un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l’univers, car “qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le cœur des hommes “.

C’est son histoire, abominable… et drolatique, qui nous est racontée dans Le Parfum, un roman qui, dès sa parution, eut un succès extraordinaire et est devenu très vite un best-seller mondial.

23
avr

La Vénus d’Ille – Prosper Mérimée

   Posté par: Orphenia   dans Fantastique, Nouvelle

(Édition Le Livre de Poche, 1994, 94 pages. Rédigée en 1837)

merimee

« Vous savez bien mon anneau ? poursuivit-il après un silence.
- Et bien ! on l’a pris.
- Non.
- En ce cas, vous l’avez ?
- Non…je…je ne puis l’ôter du doigt de cette diable de Vénus.
- Bon ! vous n’avez pas tiré assez fort.
- Si fait…Mais la Vénus… elle a serré le doigt.
»

Résumé : Une très belle statue de l’époque romaine est retrouvée dans un champ appartenant à M. de Peyrehorade. Ce dernier marie son fils Alphonse à Mlle de Puygarrig peu de temps après cette découverte. Mais un drame va survenir dans de curieuses circonstances. La statue est-elle responsable ?

Ce classique de la littérature fantastique est régulièrement proposé aux élèves du collège. Il permet à la fois de traiter de la nouvelle en général et de la nouvelle fantastique en particulier. Il s’inscrit également dans le récit mythologique, puisque le thème de la statue qui s’anime rappelle le mythe grec de Pygmalion que le poète latin Ovide raconte dans le livre X des Métamorphoses. Mais chez Mérimée, le mythe s’inverse, et ce n’est pas la Vénus bienfaisante, celle qui protège les mariages et les amoureux qui est représentée mais au contraire, celle qui apporte le désordre et le chaos. La statue prend vie dans cette nouvelle sous l’effet de la jalousie et non sous le coup de l’amour.

« Si la première phrase n’est pas écrite en vue de préparer cette impression finale, l’œuvre est manquée dès le début. » C’est ainsi que Baudelaire parlait de la nouvelle. En effet la chute est essentielle, et celle que propose Mérimée fonctionne à merveille. Ce récit bref et intense (il se déroule sur quatre journées), présente une petite galerie de personnages tous caractérisés. On peut décrire leurs natures en quelques mots, ainsi Alphonse, le jeune marié est froid et cynique, ce qui tranche avec sa promise, douce et sensible, voire un peu effacée.

Comme dans toute nouvelle fantastique, le surnaturel, tout d’abord introduit timidement, sera finalement la seule explication plausible aux événements que connaît la maisonnée. Mais c’est tout de même au lecteur de choisir la fin, il est le seul maître de sa lecture…

22
avr

Le Grand Secret – René Barjavel

   Posté par: Orphenia   dans Roman, Science-fiction

(Ed. Pocket, janvier 1974, 384 pages)

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« Pour les hommes du monde, le lendemain est un jour d’espoir et de crainte : demain, je n’aurais plus mal, demain il faudra payer, demain le soleil peut-être, ou demain l’hiver…

Pour les habitants de l’Ile la crainte a disparu. Demain personne ne manquera de rien, personne n’aura un jour de plus. » Partie III – Comme le paradis, p. 163

J’ai relu récemment le Grand Secret de René Barjavel. C’est le premier roman que j’ai découvert de lui et c’est celui qui m’a le plus marqué. Certes La Nuit des temps est  un roman magnifique mais il m’a moins touchée.

Il est difficile de parler de ce roman sans en dévoiler le secret ! Ce que je peux écrire, c’est qu’il ne s’agit pas seulement d’une histoire, de personnages, mais aussi d’une réflexion sur notre humanité, sur notre devenir. Il parvient à nous plonger dans une réalité possible, jouant sur l’anticipation et l’uchronie, mêlant sciences, politique et philosophie…

L’action s’étend sur 17 ans et de nombreux faits marquants de politique internationale qui se sont produits entre 1955 et 1972 y sont intégrés. Ces évènements (assassinat de Kennedy, visite de Nixon en Chine et en Union Soviétique par exemple) ont tous pour point commun ce grand secret.

Le résultat de cette expérience humaine est édifiant. Il inquiète et interroge. Et surtout il reste d’actualité à l’ère des sectes du type Raël et des expériences scientifiques encore méconnues du grand public. Il nous oblige à réfléchir à un certain concept de la société idéale.

J’ai depuis, à l’égard des sciences, mais surtout de ce que l’homme peut en faire, un regard où se mêlent la curiosité, l’admiration et la crainte.

Dans ce roman, Barjavel nous fait prendre conscience de la fragilité de notre civilisation, fragilité dont nous devons être toujours conscients afin d’en défendre les côtés positifs et d’échapper à un changement irrémédiable qui peut se produire à tout moment, comme l’Histoire l’a déjà prouvé.

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